Un chemin d'acceptation de soi

un coming-out peut être libérateur !

  Il m'a fallu du temps pour accepter mon homosexualité. J'avais alors 35 ans, j'étais marié, des enfants. Ce n'est pas une situation simple... J'ai fait des rencontres, je me suis documenté, pour comprendre ce qui m'arrivait... Echanger avec des personnes dans ma situation. Comprendre comment j'ai pu me cacher la vérité à ce point pendant toutes ces années? Alors que je connaissais mes désirs, que j'avais tous les éléments pour comprendre qui j'étais.

J'ai rassemblé ici des témoignages, des références, des poèmes qui m'ont aidé. Si ça peut être utile...

CyriIIe

PS: le site s'enrichit des récits envoyés par les lecteurs.

 

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 08:17

"Des hommes et des femmes changent plus ou moins brutalement de vie alors qu'ils sont mariés, ont des enfants et semblent installés dans une totale "normalité". Ils semblent "devenir homosexuels". Il s'agit naturellement d'une révolution absolue. Comment vit-on cette révolution? Surtout, pourquoi s'impose-t-on l'épreuve que représente un tel bouleversement pour soi et pour l'entourage? Et pourquoi ne pas avoir vécu cette métamorphose plus tôt?"

Emmanuel Ménard, Parler d'homosexualité

 

bourgeon

20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 19:50

Une voix au fond de moi:honte-3.jpg

"Ne le dis à personne
Tais-toi. Garde ça pour toi
T'as pas envie qu'les autres se moquent
C'est intime ça n'est qu'à toi

D'ailleurs nul n'est au courant
chacun son jardin secret
Si tu le dis c'est dégradant
Il faut savoir rester discret

Comme les copains mater les filles
Et faire ce qu'on attend de toi
Tes parents sont fiers que tu te maries
C'est pas compliqué tu vois"

Facile de taire qui on est
Rester vaincu par la honte
Oublier ses rêves et la fierté
D'exister dans ce monde


Une autre voix têtue celle-là

A marre de subir cette violence
De ne pouvoir être moi-même
Veut mettre fin à cette souffrance
Et dire que c'est les hommes que j'aime

CyriIIe

  d'autres poèmes gays

18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 09:02

Quand j'étais au collège, j'ai commencé à me rendre compte que j'étais différent des autres. J'étais attiré par les hommes. C'est d'un garçon dont j'avais envie d'être amoureux, c'est avec un homme que je voulais faire l'amour. Et je savais que ça n'était pas bien. Alors j'ai décidé de "faire comme si de rien n'était". Car, finalement, personne ne le savait.

 

ET PERSONNE NE DEVAIT LE SAVOIR

 

Et moi j'ai traîné ce malaise pendant toutes ces années...

 

Pourquoi j'ai fait comme si j'étais comme les autres? Ce n'est pas une décision que j'ai prise. Je n'ai pas "pesé le pour et le contre". Regarder les filles avec les copains, c'était naturel, cela allait de soi, c'est ce qu'on attendait de moi. D'ailleurs, je ne me disais pas "je suis homosexuel". Le mot me faisait bien trop peur. C'était juste trop dur de me dire que j'étais comme ça. Trop dur de le dire, de faire tant de peine à mes parents, de supporter le regard des autres... Je voulais pas être différent des copains. Finalement, je me suis mis à jouer un rôle

 

ET A Y CROIRE

 

J'ai rencontré une femme, nous sommes tombés amoureux l'un de l'autre. Vraiment. Et nous avons des enfants qui sont ce que nous avons de plus précieux.


Ce n'est pas sale, c'est moi qui renaît

 

MAIS

 

J'ai envie que ceux que j'aime sachent qui je suis.

J'ai envie d'être authentique avec ceux qui me sont chers.

J'ai envie d'être compris.

J'ai envie d'être moi-même et d'arrêter de cacher ce que j'ai au fond de moi.

J'ai envie de montrer qu'on peut accepter d'être différent.

 

CyriIIe

 

NB: J'ai écrit ce texte avant de faire mon coming-out à mes enfants. Pour rassembler mes idées sur ce que je voulais leur dire ...

 

marié et homo: mon parcours

. un chemin d'acceptation de soi - dans Marié et homo: mon parcours
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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 07:13

Je me rappelle de mes premiers coming-out...

Je lui dis: "Je suis homosexuel."

Ces mots résonnent. J'ai l'impression qu'ils sortent de la bouche d'un autre, qu'ils me sont dits en quelque sorte. Une partie de moi, confortée par le mensonge entretenu auprès de mes proches, continuait, en fait, à se considérer comme hétéro. Cette affirmation me surprend, m'agresse presque...

Comme si, de l'avoir dit, je le devenais...

 

gay5

14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 11:00

coming out 7

 

J'avais honte de mes désirs homo, aujourd'hui,

je suis fier de les accepter, et j'ai envie de les vivre,

de vivre, d'être moi-même, enfin!



potion

Une anecdote pour commencer:

Je participe à une réunion dans le cadre d'une association de bisexuels. Un mec dans ma situation; marié, mais attiré par les hommes, a cette expression: "Je voudrais qu'il existe une potion à avaler pour ne plus ressentir cette attirance, ces envies." Et moi je me dis "même si cette potion existait, je ne la boirais pas."

Cela me fait réfléchir: mes désirs homosexuels remettent en cause ma relation avec ma femme, la stabilité que je voulais pour mes enfants, et je ne suis pas prêt  à boire la potion! Je le comprends alors: mes désirs homosexuels, j'y tiens! Après les avoir tant cachés à moi-même et aux autres, j'ai fini par les accepter. J'ai pris conscience de toute la honte subie. Je suis en colère d'avoir eu tellement honte de moi, de m'être habitué à avoir honte. J'ai si longtemps vécu dans la peur d'être découvert. Mais j'ai finalement réussi à m'accepter, à ne plus avoir honte, à me construire une image de moi positive avec mes désirs homosexuels. Ce chemin parcouru, c'est mon histoire, c'est important pour moi. Essentielle aussi la solidarité que je vis avec mes pairs.

acceptation

 

Dans Comprendre l'homosexualité, Marina Castañeda cite Marcel Proust:

 

"Ce que nous n'avons pas eu à déchiffrer, à éclaircir par notre effort personnel, ce qui était clair avant nous, n'est pas à nous."

 

 

Pour moi, être gay, c'est aussi un choix. En tous les cas, un choix de bien le vivre (dans la fierté, pas dans la honte)!

C'est dur de me dire que pour vivre une vie qui me ressemble, pour être authentique, je dois divorcer. Mais je ne peux plus revenir en arrière. Ce besoin de vivre enfin ce que je suis après m'être contraint à être comme les autres est devenu trop fort pour moi.

Faudra-t-il que je ressente ce pincement au coeur, cette impression d'être passé à côté de ma vie à chaque fois que je vois deux mecs se tenir par la main?

CyriIIe

Faudra-t-il que je ressente ce pincement au coeur, cette impression d'être passé à côté de ma vie à chaque fois que je vois deux mecs se tenir par la main?

 

Article liés :


→  Homme marié, comment j'ai géré mes désirs homosexuels (différemment au cours du temps)

.

 


 

marié et homo: mon parcours

. un chemin d'acceptation de soi
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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 01:00

 

 

J'aurais préféré oublier mes rêves d'hier
Poursuivre ce quotidien qui me plaisait encore
Où personne me rappelle l'objet de mes prières
Avant que je ne préfère être à mes envies mort

Eloignez-vous d'ici vous qui vivez vos rêves
Laissez-moi être en paix un tout autre que moi
J'ai fait longtemps avec mes désirs une trêve
Et n'ai jamais osé tracer ma propre voie

La peur de l'inconnu me garde tout contre elle
Moi qui voudrais partir découvrir qui je suis
Si on le veut très fort vous pousse-t-il des ailes ?
Se réveille-t-on un jour au milieu de la nuit ? 


Un jour viendra peut-être
Je suivrai mon chemin
J'aurai le courage d'être

Je n'aurai peur de rien

Malgré le désaccord
De ceux qui croient m'aimer
Enfin choisir mon port
Et où je veux aller

Malgré le bruit des autres
Pouvoir enfin parler
Ne plus jamais me taire
Ne plus jamais plier

Alors j'irai si loin
Sur des chemins cachés
Prêt à tous les courages
Pour enfin me trouver

CyriIIe

 

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 11:00

un ado pas hétéro et mal dans sa peau Lettre à moi même.
Le réveil sonne. Je me lève avec difficulté, il est 6 heures du matin.
Je descends prendre mon petit déjeuner.
Le café est trop chaud, je me brûle.
Je monte prendre ma douche, j'y resterais bien 1 heure.
Je m'habille doucement, qu'est ce que je vais mettre aujourd'hui ?
Le regard des autres, insupportable, il me faut quelque chose de sobre.
Je vais prendre le bus, je m'efforce de ne pas regarder ceux qui m'attire.
Solitude, prison d'air, je ne montre pas qui je suis.
Je rencontre mes amis, savent-ils qui je suis vraiment ?
Aujourd'hui c'est encore halloween, je porte un masque, comme toujours.
Je désespère, je sombre, je suffoque, où est la sortie ?

Mes amis aiguillent mon regard, je fais semblant d'être intéressé.
J'ai envie de tourner la tête dans l'autre sens.
Le journée se poursuit.
Je ris, je peins le paysage à mon gré, suis-je un bon peintre ?
Suis-je le peintre que je voudrais être ?
La journée est fini.
Je suis seul, encore.
Je dois rentrer, il faut que je sois discret.
Pourquoi est-ce que je fais ça ?
Mes amis, mes parents, mes frères et soeurs, insoutenables.
Dans ma chambre, enfin.
Mes pensées s'évadent.
Je rêve, je repense violemment à tout ce que j'ai refoulé.
Combien de temps la pièce va t-elle durer ?
Ma mère m'appelle, je reviens sur Terre.
Pourquoi ne pas rester là où j'étais ?
Il faisait chaud, si chaud.
Il fait froid ici, où est mon manteau ?
Je m'endors, mes pensées, je ne les contrôle plus.
Je m'en veux, je suis faible.
David contre Golliath, comment vaincre ?
Je suis en train de rêver.
mon masque ? je l'ai encore.
Trouverai-je un jour la force de l'enlever...
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Voilà ça c'était moi il y a environ 4 mois.
Maintenant ça va beaucoup mieux, j'ai rencontré des gens super et fait plusieurs CO. Parfois involontaires ...

Ceci est un message pour tous ceux qui se reconnaîtront dans ces quelques lignes.
Je sais que c'est dur d'affronter ce monde seul chaque jour, que la solitude est le poison de l'âme et que mentir aux autres, se mentir à soi-même est difficile.
Mais retenez ceci :
même si vous avez le cafard, même si la vie vous insupporte, accrochez-vous à cette petite lumière, cette porte entrebâillée par laquelle les doux rayons de lumière s'échappent ... parce que cette porte, c'est celle de votre placard, et vous l'ouvrirez un jour ... soyez-en sûr.

 

Freeself

Source: et-alors.net


 

des témoignages: s'accepter homo

11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 16:51

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. un chemin d'acceptation de soi - dans Ma vie au jour le jour
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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 10:53

Je suis heureux d’avoir trouvé ce blog car j’y trouve moi aussi un écho à ma situation.


J’ai bientôt 50 ans, suis marié depuis 22 ans et père de 3 grands enfants. Je n’ai jamais eu aucun doute sur le fait que j’étais homosexuel, totalement et pleinement attiré par les hommes. Même si, moi aussi, j’ai pu avoir des aventures féminines étant plus jeune, un peu pour faire comme tout le monde ou parfois tout simplement par amitié et tendresse… J’ai souvent entendu, comme certains d’entre vous, que je devais être bisexuel, puisque j’étais marié et père. Mais non, aucun doute, je suis bien homosexuel, et pas du tout malheureux ni honteux de l’être : pourquoi le serais-je puisque c’est tout simplement ce que je suis, naturellement et profondement.


Je me suis marié pour un ensemble de raisons. A la fois pour donner l’image de celui qu’on attendait que je sois : mes parents, ma famille, mes amis, mon milieu social, la société en général. Et pourtant j’avais toujours eu des relations sexuelles et amoureuses avec des hommes, je n’y trouvais aucune honte… L’autre raison majeure a été la rencontre avec ma femme, qui est encore à ce jour la personne la plus remarquable que j’aie rencontrée : une femme séduisante, sensuelle, fantaisiste, d’une infinie intelligence humaine. Nous avons d’abord été amis, puis amants. C’est moi qui ai fait le premier pas, car j’ai eu la certitude que si je devais fonder une famille, cela ne pourrait être qu’avec elle. Elle connaissait ma sexualité, mais elle devait m’aimer elle-même suffisamment pour prendre le risque de tenter l’aventure avec moi…


Aujourd’hui, mes sentiments à son égard n’ont fait que grandir. Bien sûr nous avons eu des hauts et de bas, bien sûr le sexe n’est plus du tout ce qu’il était. Mais nous nous aimons beaucoup, pas seulement parce que nous avons trois enfants; pas seulement pour donner une image rassurante à notre entourage. Tout cela compte bien sûr, mais avant tout, nous nous aimons toujours. Une des choses les plus belles et les plus émouvantes que j’aie eu la chance d’entendre fut lorsque ma femme me dit qu’elle m’aimait comme j’étais et que si je n’étais pas ce que je suis, elle ne m’aimerait peut-être pas autant, ou peut-être pas de la même manière…


Aujourd’hui j’aimerais rencontrer un homme, marié comme moi, qui ne me juge ni pour les choix que j’ai fait ni pour ceux que je n’ai peut-être pas eu le courage de faire. Un homme qui, comme moi, recherche la complicité, le plaisir, la tendresse dans la vérité de ce que nous sommes. Depuis plus de vingt ans, mes relations homosexuelles sont erratiques, inégales, parfois très satisfaisantes sexuellement, mais très vite l’absence de projet possible fait que cela s’arrête. C’est ainsi, et je dois l’accepter. Alors aujourd’hui, à travers ce blog, je lance une petite bouteille à la mer, dans l’espoir que parmi vous, qui êtes parfois dans une situation proche de la mienne, il y ait l’amant dont je rêve.


Merci,
Nathanael.

. un chemin d'acceptation de soi - dans Homme marié gay (choisir)
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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 19:05

Par où commencer ?...

Quand j’ai lancé la recherche ce matin, je ne pensais pas tomber aussi bien. Non pas que je cherchais des réponses, mais je cherche depuis longtemps à déposer mon témoignage quelque part.

J’ai senti très tôt ma différence. L’insouciance de l’enfance fait que je ne m’en rendais pas compte. Je me rappelle que j’adorais me « déguiser » en fille. Ma maman avait un grand carton empli de vieilles fringues que j’adorais enfiler. Je jouais des heures à « faire semblant ». Je me souviens avoir été surpris un jour par une connaissance de ma mère venue lui rendre visite : « Oh ! Mais vous avez une jolie petite fille ! »

Et ma mère de lui répondre confusément : « Une fille ?... Ah ! Non, il s’agit de mon fils ainé ».

J’étais content qu’on ait pu me prendre pour une « jolie petite fille » et à la fois honteux. Et si d’autres venaient à l’apprendre. Qu’est-ce que les gens diraient de moi ? Quelles conséquences pour ma famille et ma place en son sein ?

C’est peut-être là que j’ai pris conscience de cette différence et des ravages qu’elle pouvait peut-être engendrer.

Malgré tout, j’aurais peut-être pu continuer mon petit bonhomme de chemin et me réaliser en étant pleinement moi-même.

Et puis, peu de temps avant mes onze ans, j’ai du être hospitalisé pour un phimosis à un stade très avancé. Le séjour à l’hôpital reste à ce jour le pire moment de ma vie, une horreur. Et le résultat de l’intervention chirurgicale n’était franchement pas une réussite. Je suis resté marqué à vie par cet événement. J’en ai gardé des séquelles autant physiques que psychologiques.

En plus d’avoir honte de ce que j’étais dans ma tête, j’avais désormais l’impression d’être devenu une sorte de monstruosité.

C’est là que j’ai commencé à me bâtir deux vies. Je faisais tout pour paraître normal la journée avec les autres et en secret je rêvais d’autre chose.

J’ai commencé à me dire que pour vivre je devrais peut-être changer radicalement. Pour pouvoir vivre au milieu des autres il fallait que mon apparence ressemble le plus possible à mon être intérieur. Il fallait que je puisse vivre sans être montré du doigt. Après la lecture d’un article j’ai fini par me dire que puisque la chirurgie avait, à mon humble avis, commencé le travail ; il suffisait de le terminer. La première fois que j’ai parlé de mon désir de transsexualité, c’était à mon médecin traitant. Je devais avoir 16 ou 17 ans. Il m’a donné l’adresse d’une psy qui m’a suivi pendant environ deux ans. Le temps de me conforter dans mon idée. Le sexologue que je suis allé consulter alors m’a proposé de commencer par effectuer un bilan hormonal, point de départ obligé.

Bilan hormonal dans la norme, physiologie sans problèmes…

Un infirmier m’apprendra même que l’on pouvait corriger les séquelles de l’intervention qui avait tout déclenché.

Je n’étais alors plus certain… Et si je me trompais. Et si j’étais tout à fait normal et que je nageais juste dans un délire post-traumatique ?

Ma prof d’art a fini de tout faire basculer. Quand je lui ai expliqué que la grosse bulle qu’elle me mettait au devoir que je n’avais pas pu lui rendre (puisque j’avais passé ces derniers jours en clinique, que je traversais une période extrêmement compliquée, et tout et tout…) n’était peut-être pas vraiment justifiée, elle m’a répondu que tous les gosses de mon âge traversaient des moments difficiles et que je ne méritais en aucun cas un traitement de faveur. Le devoir était à rendre pour telle date, point barre !

Je me suis enfui. Je me suis réfugié dans les toilettes le temps de sécher mes larmes. Et puis je suis sorti du lycée, j’ai pris ma voiture et je n’y ai plus jamais remis les pieds à part pour venir expliquer les raisons de ma décision au proviseur, avec la présence rassurante de ma mère (j’ai une maman très compréhensive, je l’aime très fort, même si elle me tape sur les nerfs parfois, comme toutes les mères certainement).

Ca a été le début du calvaire. Me forger une vie normale. Une vie d’hétéro. Enfin, de pseudo hétéro. Y’a qu’à en juger !

J’ai passé l’année suivante chez une de mes tantes. J’ai fais la nounou à domicile pour mon cousin alors âgé de quatre ans. Pas de fille à l’horizon. « Tu peux sortir le week-end, aller en boite si tu veux, rencontrer du monde ! » Dixit ma tata « Do » que j’adore et son compagnon. « Non non, je suis bien là… » Répondais-je à chaque fois.

Je me suis trouvé une formation : agent de fabrication dans le secteur de l’habillement. Couturière, quoi ! Ouais !!! Super hétéro, c’est moi ! J’espérais peut-être devenir, je ne sais pas, styliste, peut-être ! Dans le mille ! Attention c’est moi que voilà ! Super Hétéro pas du tout naïf… mais alors pas du tout.

Pour finir, je suis retombé sur terre. Après la formation j’ai définitivement laissé tomber tous mes rêves. Je me suis inscrit en intérim. J’ai fais des déménagements, de la manutention, travaillé en usine… Et puis j’ai rencontré la mère de mon fils.

Elle me semblait parfaite. Elle voulait de moi et moi je l’admirais. Bien sûr, ça n’était pas ça n’a jamais pu être la vie rêvée. Mais j’ai voulu y croire. Même si dans l’intimité, je ne me sentais pas du tout à ma place. Même si il m’était impossible d’être comblé…

Au bout de deux ans, notre fils est né. Le bonheur de ma vie. Le soleil de ma vie. Celui qui réchauffait désormais mon existence.

Le bonheur a été de courte durée. Sa mère et moi nous nous sommes séparés peu de temps après. Le temps de faire le point. Elle avait l’impression de vivre plus avec un frère qu’avec un compagnon et un amant. Nous nous sommes remis ensemble pour ce qui ressemblait au chant du cygne. La rupture a été brutale. En même temps j’ai appris mon licenciement. C’était un 1erdécembre. Je m’en souviens parce que j’ai passé la nuit dans ma voiture, une vieille Renault 5 toute pourrie…

Le lendemain, j’ai trouvé le courage de l’annoncer à mes parents. Ils m’ont hébergé les cinq années qui ont suivi. Je me suis formé sur autocad grâce à l’ANPE et puis j’ai commencé à travailler avec mon père. Je récupérais mon fils un weekend sur deux et mon ex m’a demandé de ne plus entretenir avec sa fille que des rapports d’ex beau père et ex belle fille.

C’est à cette époque que j’ai compris. Etre moi-même était la première condition, la plus importante, si je voulais un jour être heureux, si je voulais me réaliser.

Le chemin m’avait paru long jusque là.

Ca n’était rien comparé à ce que j’allais devoir traverser ces treize dernières années.

Il fallait que je démêle tout ce que j’avais mis tant de temps à construire.

Il a fallu que je descende au plus profond de moi-même. Au fond du trou, comme on dit.

En 2005, je me suis acheté une vieille baraque (ma bicoque…). Il fallait tout refaire, de la toiture au sol en passant par le chauffage, la plomberie, l’électricité, l’isolation et j’en passe. Cette maison, c’est un peu une extension de moi, beaucoup même.

Et en même temps que je rebâtissais cette maison de mes propres mains, je tentais de me reconstruire. J’ai traversé des moments de doutes intenses. Par moment j’ai été près de renoncer. J’ai souhaité à des milliers de reprises que tout s’arrête, pour ne plus ressentir ce désespoir immense, ce trou béant au fond de mon cœur. J’ai pensé qu’en finir avec la vie serait le chemin le plus efficace vers la sérénité. Heureusement il y avait mon soleil à moi, mon « little big man » à moi comme je l’appelle des fois, mon bonhomme. Sans lui je ne sais pas si j’aurais pu tenir.

Ce chemin, je l’ai fait seul, en secret. J’ai préféré la solitude pour pouvoir mieux me retrouver. Ces huit dernières années ont été très dures. Mais aujourd’hui, je ne souhaite plus qu’une chose : VIVRE.

Il m’arrive toujours de douter de temps en temps, de me demander si je fais bien. Mais le désir de vivre est plus fort.

C’est une autre étape désormais que je décide de passer : Dire qui je suis. Je veux pouvoir annoncer à mes proches que je souhaite désormais être celui que j’ai toujours été, et être considéré comme tel. Je veux pouvoir expliquer à mon fils qui je suis. Je veux pouvoir lui faire comprendre une chose. Avec lui, je ne me suis jamais senti l’obligation d’être quelqu’un d’autre.

Aujourd’hui, la solitude est devenue trop pesante. Ce n’est pas que je ne veux plus vivre caché. En fait je ne le peux plus. Je suis à bout de forces. Le fardeau est devenu bien trop lourd à porter.

Je fais le doux rêve de rencontrer quelqu’un. Je rêve qu’il puisse m’aimer et accepter qui je suis : un être profondément fragile, qui doute toujours profondément de lui-même. Quelqu’un qui voudra bien laisser le temps au temps. Quelqu’un qui réussira à prendre mon cœur pour le réchauffer au creux de lui. Quelqu’un que je pourrai aimer et à qui je réussirai enfin à accorder ma confiance, sans craintes.

En fait, je comprends à l’instant, que le chemin ne fait que commencer. J’ai peur…

Mais dans quelques jours, mon p’tit bonhomme aura 15 ans… et moi j’en aurais 41… Je ne veux plus gâcher ma vie. Et puis il semblerait que j’y tienne à cette foutue vie pour finir. Sinon je serais mort depuis longtemps.

 

Alors il est temps.

 

Je suis mort de peur… mais toujours vivant…

 

J’ai réussi à aller au bout… sans verser de larmes.

 

Merci à toi, et à d’autres… de m’avoir lu…

… merci.

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