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Il m'a fallu du temps pour accepter mon homosexualité. J'avais alors 35 ans, j'étais marié, des enfants. Ce n'est pas une situation simple... J'ai fait des rencontres, je me suis documenté, pour comprendre ce qui m'arrivait... Echanger avec des personnes dans ma situation. Comprendre comment j'ai pu me cacher la vérité à ce point pendant toutes ces années? Alors que je connaissais mes désirs, que j'avais tous les éléments pour comprendre qui j'étais.
J'ai rassemblé ici des témoignages, des références, des poèmes qui m'ont aidé. Si ça peut être utile...
CyriIIe
PS: le site s'enrichit des récits envoyés par les lecteurs.
J'ouvre mon Petit Larousse 1998 et je trouve:
Perversion: comportement consistant à rechercher de façon régulière le plaisir sexuel en dehors du rapport
avec pénétration vaginale entre deux partenaires de sexe opposé.
Les gays sont donc bien des pervers, comme les hommes (et les femmes) qui se masturbent régulièrement ...
Si on ouvre des dictionnaires plus récents, la
perversion y est réduite au sadomasochisme, au voyeurisme/exhibitionnisme, au fétichisme... Les frontières sont repoussées, mais il s'agit toujours de condamner des pratiques qui ont
l'inconvénient d'être différentes. Le pervers, c'est toujours l'autre...
Pour ma part, je considère que chacun fait ce qu'il veut de son corps, tant qu'on est entre adultes consentants. J'aime cette
maxime de Michel Onfray: Jouir et faire jouir, sans faire de mal ni à toi ni à personne.
Alors, oui, les gays sont des pervers, nous avons des pratiques sexuelles à des fins non-reproductives, est-ce ennuyeux ?
Je me rappelle de mes premiers coming-out...
Je lui dis: "Je suis homosexuel."
Ces mots résonnent. J'ai l'impression qu'ils sortent de la bouche d'un autre, qu'ils me sont dits en quelque sorte. Une partie de moi, confortée par le mensonge entretenu auprès de mes
proches, continuait, en fait, à se considérer comme hétéro. Cette affirmation me surprend, m'agresse presque...
Comme si, de l'avoir dit, je le devenais...
Articles sur le thème du coming-out
je ne connais que l'amour et le désir - le partage n'est pas une perversion, je confirme !!!
Je suis assez surpris de cette définition du Larousse de 1998. Elle se rapporte à celle de Freud en 1905 (!) (« 3 essais sur la théorie de la vie sexuelle »): la perversion est une déviation par rapport à l’acte sexuel normal.
3 circonstances: – orgasme obtenu avec d’autres objets sexuels que le partenaire du sexe opposé. – lorsque le plaisir est obtenu par d’autres voies corporelles que l’organe génital. – plaisir sexuel subordonné à certaines conditions extérieures.
Freud a d’ailleurs revu sa définition suite à plusieurs entretiens avec des homos grâce auxquels il en a déduit qu’ils n’étaient pas pervers.
Sinon Joyce McDougall a actualisé la définition: instrumentaliser quelqu’un d’autre, se servir de quelqu’un d’autre qui n’a pas forcément son accord.
Je n’ai pas réussi à trouver la date exacte de cette actualisation. Mais je suppose qu’elle se situe dans les environs de 1972, date d’édition de « La sexualité perverse: étude psychoanalytique » de J. McDougall et al.
Donc bouh à Larousse 98 si c’est exact!
La définition de Joyce McDougall est bien sympathique. On se rapprocherait d’un
N’est pas perverse une sexualité entre adultes consentants qui a pour objectif de jouir et faire jouir sans faire du mal ni à soi ni aux autres.
Malheureusement, le terme de « pervers », tel qu’il est entendu par nos contemporains correspond bien à la première définition que tu donnes (Freud): la perversion est une déviation par rapport à l’acte sexuel normal. La notion de normalité ayant évolué en 15 ans, on passe d’une situation où (Larousse 1998)
à la définition actuelle des dictionnaires (Hachette 2008):
On peut trouver qu’il y a du progrès… ou trouver que les mentalités évoluent mais ont toujours besoin de pointer du doigt des « anormaux ». Aussi, je propose ce discours:
Oui, l’homme a des pratiques sexuelles qui ne visent pas toujours à la reproduction, à commencer par la masturbation. Elles sont perverses car elles détournent l’organe de sa « fonction naturelle », mais ce n’est pas ennuyeux ou « mal », tant qu’on ne fait de mal ni à soi ni aux autres.