Un chemin d'acceptation de soi

un placard, un chemin, l'homme que j'aime...

Il m'a fallu du temps pour accepter mon homosexualité. J'avais alors 35 ans, j'étais marié, des enfants. Ce n'est pas une situation simple... J'ai fait des rencontres, je me suis documenté, pour comprendre ce qui m'arrivait... Echanger avec des personnes dans ma situation. Comprendre comment j'ai pu me cacher la vérité à ce point pendant toutes ces années? Alors que je connaissais mes désirs, que j'avais tous les éléments pour comprendre qui j'étais.

J'ai rassemblé ici des témoignages, des références, des poèmes qui m'ont aidé. Si ça peut être utile...

CyriIIe

PS: le site s'enrichit des récits envoyés par les lecteurs.

 

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Marié et homo: mon parcours

l'homme que j'aime

 

J'avais honte de mes désirs homo, aujourd'hui,

je suis fier de les accepter, et j'ai envie de les vivre,

de vivre, d'être moi-même, enfin!



potion

Une anecdote pour commencer:

Je participe à une réunion dans le cadre d'une association de bisexuels. Un mec dans ma situation; marié, mais attiré par les hommes, a cette expression: "Je voudrais qu'il existe une potion à avaler pour ne plus ressentir cette attirance, ces envies." Et moi je me dis "même si cette potion existait, je ne la boirais pas."

Cela me fait réfléchir: mes désirs homosexuels remettent en cause ma relation avec ma femme, la stabilité que je voulais pour mes enfants, et je ne suis pas prêt  à boire la potion! Je le comprends alors: mes désirs homosexuels, j'y tiens! Après les avoir tant cachés à moi-même et aux autres, j'ai fini par les accepter. J'ai pris conscience de toute la honte subie. Je suis en colère d'avoir eu tellement honte de moi, de m'être habitué à avoir honte. J'ai si longtemps vécu dans la peur d'être découvert. Mais j'ai finalement réussi à m'accepter, à ne plus avoir honte, à me construire une image de moi positive avec mes désirs homosexuels. Ce chemin parcouru, c'est mon histoire, c'est important pour moi. Essentielle aussi la solidarité que je vis avec mes pairs.

acceptation

 

Dans Comprendre l'homosexualité, Marina Castañeda cite Marcel Proust:

 

"Ce que nous n'avons pas eu à déchiffrer, à éclaircir par notre effort personnel, ce qui était clair avant nous, n'est pas à nous."

 

 

Pour moi, être gay, c'est aussi un choix. En tous les cas, un choix de bien le vivre (dans la fierté, pas dans la honte)!

C'est dur de me dire que pour vivre une vie qui me ressemble, pour être authentique, je dois divorcer. Mais je ne peux plus revenir en arrière. Ce besoin de vivre enfin ce que je suis après m'être contraint à être comme les autres est devenu trop fort pour moi.

Faudra-t-il que je ressente ce pincement au coeur, cette impression d'être passé à côté de ma vie à chaque fois que je vois deux mecs se tenir par la main?

CyriIIe

Faudra-t-il que je ressente ce pincement au coeur, cette impression d'être passé à côté de ma vie à chaque fois que je vois deux mecs se tenir par la main?

 

Article liés :


→  Homme marié, comment j'ai géré mes désirs homosexuels (différemment au cours du temps)

.

→  coming out d'un père de famille

 


 

marié et homo: mon parcours

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Quand j'étais au collège, j'ai commencé à me rendre compte que j'étais différent des autres. J'étais attiré par les hommes. C'est d'un garçon dont j'avais envie d'être amoureux, c'est avec un homme que je voulais faire l'amour. Et je savais que ça n'était pas bien. Alors j'ai décidé de "faire comme si de rien n'était". Car, finalement, personne ne le savait.

 

ET PERSONNE NE DEVAIT LE SAVOIR

 

Et moi j'ai traîné ce malaise pendant toutes ces années...

 

Pourquoi j'ai fait comme si j'étais comme les autres? Ce n'est pas une décision que j'ai prise. Je n'ai pas "pesé le pour et le contre". Regarder les filles avec les copains, c'était naturel, cela allait de soi, c'est ce qu'on attendait de moi. D'ailleurs, je ne me disais pas "je suis homosexuel". Le mot me faisait bien trop peur. C'était juste trop dur de me dire que j'étais comme ça. Trop dur de le dire, de faire tant de peine à mes parents, de supporter le regard des autres... Finalement, je me suis mis à jouer un rôle

 

ET A Y CROIRE

 

J'ai rencontré une femme, nous sommes tombés amoureux l'un de l'autre. Vraiment. Et nous avons des enfants qui sont ce que nous avons de plus précieux.


Ce n'est pas sale, c'est moi qui renaît

 

MAIS

 

J'ai envie que ceux que j'aime sachent qui je suis.

J'ai envie d'être authentique avec ceux qui me sont chers.

J'ai envie d'être compris.

J'ai envie d'être moi-même et d'arrêter de cacher ce que j'ai au fond de moi.

J'ai envie de montrer qu'on peut accepter d'être différent.

 

CyriIIe

 

NB: J'ai écrit ce texte avant de faire mon coming-out à mes enfants. Pour rassembler mes idées sur ce que je voulais leur dire ...

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le désirJ’ai toujours été attiré par les hommes. Longtemps, j’ai considéré ces désirs comme étant de l’ordre du fantasme. Un fantasme secret, et les quolibets entendus ici et là (pd, tapette, fiotte...) m’ont rapidement convaincu de ne le dire à personne. Je me se marier malgré...considérais donc comme un hétérosexuel (enfin, disons que je me donnais beaucoup de mal pour être comme les autres et correspondre à ce que l'on attendait de moi) ayant  des fantasmes homos. Ainsi, je me suis marié, j’ai eu des enfants.

Et puis j’ai rencontré un mec formidable qui est devenu mon amant. Alors, je me suis considéré comme bisexuel, et cet "arrangement" faisait des désirs homosexuels ...que cela était vivable de rester avec ma femme et d’avoir un amant. Cela me permettait de me regarder dans la glace le matin, tout simplement. Je me considérais comme un mec curieux de la vie qui aimait le sexe et les expériences variées. C'était plutôt valorisant et correspondait à une image de moi-même qui me plaisait bien.

rupture Comment cette belle théorie sur moi-même a-t-elle volé en éclats? Je ne sais pas trop. Mais il y a eu une véritable rupture. Une prise de conscience après laquelle je ne pouvais plus revenir en arrière. La prise de conscience que je n'étais pas bisexuel mais homosexuel. Cela n'a pas été le fruit d'une réflexion mais plutôt une évidence qui s'est imposée à moi après un certain nombre d'expériences:


→ Échanger avec d’autres homos et me rendre compte que, mariés ou pas, eux-aussi avaient eu du mal à accepter de se dire "je suis homo". En fait, on naît hétéro; parce que les autres, et soi-même, on se considère par défaut comme hétéro, et on adopte donc un comportement d'hétéro, tant qu'on n'a pas pris conscience de ses désirs, et qu'on n'en a pas tiré les conséquences sur la façon dont on se définit.moi=PD
→ Me rendre compte à quel point j’avais honte de mes désirs homosexuels, et que pour moi, me dire "mes désirs homo, c'est juste des fantasmes" ou me dire "je suis bi", cela m’évitait surtout de dire "je suis homosexuel".
→ Me rendre compte, enfin, que je préférais, et de loin, et certainement depuis toujours, le sexe avec un mec au sexe avec une femme. Et quand je dis "le sexe", c'est beaucoup trop limitatif, je pense que vous me comprenez (il faudrait parler d'homosensualité).

baiser gay
Certains trouvent critiquable de vouloir absolument "se mettre dans une case" et disent  "vivons comme nous le sentons, un point c'est tout". Pour moi, j'éprouve le besoin de savoir qui je suis, et je ne peux pas le faire autrement qu'en utilisant des mots. Réfléchir à mon histoire personnelle, trouver une cohérence, comprendre...

 

marié et homo: mon parcours

 

 

 

 


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stand gay

aux associations gays: merci d'exister

 

  Souvenirs  (Rentrée des associations)

 

“Je peux même vous dire où vous étiez. Vous étiez place des Rongitoines, à l’endroit où il y a aujourd’hui le stand d’une chorale de Gospel. Je revois des hommes. Je me rappelle aussi de ce que je me suis dit: ”_Des personnes comme moi, des homosexuels.” Je pouvais me confier: être enfin compris et ne plus être seul avec mes désirs. Il y avait quelques pas à faire et une main à tendre, et le plus dur: accepter, en faisant cette démarche, mon homosexualité.  Qu’est-ce que ce mot me faisait mal. C’était sale, c’était le vice. Le vice dont j’étais atteint et sur lequel était écrit en gras: NE LE DIS A PERSONNE. Est-ce que je pensais que tant que je ne le disais pas cela n’existait pas, d’un sens? Est-ce que j’ai eu peur qu’on me voit devant ce stand honteux? Je crois que ce qui me faisait le plus peur c’était de me retrouver face à cette réalité, cette réalité indicible mais têtue: j’étais homosexuel. Je suis homosexuel. J’avais 20 ans et j’ai fait demi-tour sans saluer “les hommes sur le stand de l'association Gay". Deux ans plus tard je me mariais. Ca fait 20 ans.

Aujourd’hui, je suis à nouveau passé à côté du stand de l'association Gay; beaucoup plus visible qu’il y a 20 ans avec moult drapeaux et panneaux colorés. Je me suis arrêté pour saluer Denis. Je lui ai parlé de mes soucis et il m’a encouragé d’un geste chaleureux. Le stand n’est plus aux Rongitoines mais rue Royale, pas loin d'une association de pères divorcés. J’ai pris leurs coordonnées...

Aujourd’hui, je me dis en général que si je me suis marié, c’est que je n’avais pas conscience, à 20 ans, d’être homo. Et puis, certains événements me rappellent que si, je savais. Je le savais parfaitement.


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Je me rappelle de mes premiers coming-out...

Je lui dis: "Je suis homosexuel."

Ces mots résonnent. J'ai l'impression qu'ils sortent de la bouche d'un autre, qu'ils me sont dits en quelque sorte. Une partie de moi, confortée par le mensonge entretenu auprès de mes proches, continuait, en fait, à se considérer comme hétéro. Cette affirmation me surprend, m'agresse presque...

Comme si, de l'avoir dit, je le devenais...

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Je reviens sur cette question:

“Comment j'ai pu me cacher la vérité (mon homosexualité) à ce point pendant toutes ces années? Alors que je connaissais mes désirs, que j'avais tous les éléments pour comprendre qui j'étais.”

Pour moi, beaucoup de choses se sont jouées à l’adolescence, au collège. C’est à cette époque-là, entre 11 et 15 ans, que j’ai commencé à ressentir du désir pour les garçons. Je me contenais au maximum pendant la vie sociale au collège, en famille, m’interdisant de regarder le corps des autres dans les vestiaires, essayant d’éviter les mecs qui m’attiraient. Ce n’est que pendant la masturbation que mes désirs pouvaient s’exprimer pleinement. Devant les pages slips pour homme du catalogue de La Redoute, devant tel dessin de Tom of Finland récupéré de je ne sais plus où. Mais il y avait pour moi une Tom of Finland barrière absolue entre ce que je m’autorisais dans ces moments-là, et ma vie sociale, les projets que je faisais pour l’avenir. Je me voyais devenir prêtre. Même si je ne faisais à l’époque pas le lien avec le fait que n’étant pas attiré par les filles, je me voyais pas me marier. D’ailleurs, qu’est-ce que je me disais à moi-même? Je ne me disais pas “je suis homo”. Les homos, c’en était d’autres: des prostitués, des folles, des marginaux. Moi, j’étais normal. J’avais des désirs homos, ça je le savais. Je savais qu’il fallait pas que je le dise. Comme un leitmotiv: “ne le dis à personne”. Et personne, c’était vraiment personne; c'était trop grave.

 

Aussi, quand Pierre, un camarade de classe en 4e qui avait vu en moi un semblable m’a confié: “_ Moi aussi je n’aime pas quand tous les garçons se déshabillent dans le vestiaire, j’ai peur de bander...” j’ai joué l’innocent. En cours, je le laissais mettre sa main sous la table pour caresser ma bite. D’autres l’ont vu et à partir de là je l’ai évité. Non, je n’étais pas courageux, j’avais cette peur bleue d’être découvert. Elle ne m’a pas lâché depuis.


En sport, c’était pas facile, c'est clair. Le corps des autres était là et mes désirs me gênaient. Ces désirs parasitaient mes rapports avec les autres garçons. Je me sentais différent et vulnérable. Vulnérable parce que j’avais quelque chose à cacher. Quelque chose qui donnait aux autres la capacité de me réduire à néant. En me traitant de pd, insulte qui me donnait envie de ramper sous terre, parce que c’était vrai et qu’il fallait pas que ça se sache.

En résumé, les années collège, ça a vraiment été horrible. Horrible, mais efficace. J’ai réussi à repousser très loin dans ma tête ces désirs homo, à faire un mur complet entre mes désirs, mes envies et mon image sociale. Et donc ça a été beaucoup mieux au lycée. Le corps des autres me gênait moins, mon rôle d’hétéro étant bien au point, même en sport. Et oui, on finit par croire soi-même à ses mensonges! J’ai juste été quelquefois gêné, quand dans la discussion avec les copains, la question de l’homosexualité était abordée. Je m’arrangeais alors pour une soudaine envie d’aller aux toilettes; j’avais peur de rougir... C’est fou comme on s’habitue à avoir honte... Mais je vivais mieux, ça c’est clair.

Alors mon personnage étant bien au point, les années ont passé tranquillement, je me suis marié, j’ai eu des enfants... Enfin, presque bien au point, car le mur se fissurait lentement, sans que j'en prenne forcément conscience...


Je finis en conseillant deux bouquins sur ce thème-là, des années difficiles quand on est ado avec des désirs homo:
un roman: Point de côté d’Anne Percin
un essai pour comprendre: Mort ou fif de Michel Dorais

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J'avais la vingtaine, je venais de me marier, et, voulant donner mon sang, je réponds aux questions de l'infirmière:

"_ Avez vous eu des rapports homosexuels?"

Et là je réponds, sûr de moi: "_ Je suis marié."

Et elle "_ Ca ne veut rien dire."

Ca m'a tellement déstabilisé! C'était tellement important pour moi à l'époque que "être marié" veuille dire "être à l'abri de ce genre de suspicion." Bon, j'ai répondu "Non" ce qui était vrai et j'ai avalé une énorme boule dans ma gorge. Je l'ai déposée, quelque temps plus tard, au creux de l'épaule de mon premier amant. Et je n'ai plus donné mon sang.

 

 

de la même veine , vous pouvez lire:
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souvenirs (je savais) le baiser du vampire


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