Un chemin d'acceptation de soi

un placard, un chemin, l'homme que j'aime...

Il m'a fallu du temps pour accepter mon homosexualité. J'avais alors 35 ans, j'étais marié, des enfants. Ce n'est pas une situation simple... J'ai fait des rencontres, je me suis documenté, pour comprendre ce qui m'arrivait... Echanger avec des personnes dans ma situation. Comprendre comment j'ai pu me cacher la vérité à ce point pendant toutes ces années? Alors que je connaissais mes désirs, que j'avais tous les éléments pour comprendre qui j'étais.

J'ai rassemblé ici des témoignages, des références, des poèmes qui m'ont aidé. Si ça peut être utile...

CyriIIe

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Père/mère divorcé gay (être enfin soi!)

"J’avais presque 37 ans le jour où j’ai décidé de faire mon coming-out. Ma situation était un peu délicate au moment des faits puisque j’étais marié et père de 2 enfants, un garçon de 14, une fille de 12 ans et au chômage.

J’ai toujours su que j’étais homosexuel je ne me suis jamais posé la question afin de savoir si j’aimais les garçons ou bien les filles : je suis homo. Il m’a fallu 37 ans pour l’accepter vraiment. Mais j’attendais la personne qui serait le facteur déclenchant et c’est arrivé. J’ai alors décidé de tout dire à ma femme, ce jour-là on a pleuré tout les deux pendant des heures et on a parlé comme jamais on ne l’avais fait, elle l’a accepté parce qu’elle a compris que j’étais comme ça et qu’elle ne pourrait rien y faire, mais avec beaucoup de tristesse et avec le sentiment d’avoir été trahie. Elle m’a proposé de continuer a voir mon ami tout en restant avec elle, enfin elle m’a fait tout un tas de propositions pour que l’on puisse rester ensemble, je les ai toutes refusées. J’avais envie de vivre ma sexualité pleinement et surtout je n’avais plus envie d’avoir des rapports sexuels avec une femme. Cette décision a été très dure pour moi, de quitter mes enfants et ma femme avec laquelle je m’entendais si bien malgré mon homosexualité !!!

Le conseil que je pourrais faire a ceux qui veulent faire leur coming-out c’est d’être patient et attendre le moment opportun (je crois qu’il n’y a pas d’âge pour cela) et surtout d’être sincère dans cette démarche pour être finalement en accord avec soi-même.

Aujourd’hui je suis heureux."

Par Laurent, 37 ans
 

 

 

 

 

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Si vous aussi vous souhaitez publier un témoignage ici, merci de me l'envoyer en cliquant sur la boîte aux lettres ci-dessous. Malgré les apparences, le formulaire peut transmettre sans difficultés des textes même très longs (j'ai vérifié!). Dans tous les cas, je reprendrai contact avec vous au moment de la publication (merci de fournir une adresse mail à cet effet et de mettre en objet "pour publication").

 

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Bien sûr, il y a aussi la possibilité d'utiliser les commentaires.

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Claude

 

 

Bonjour à tous,

j'ai beaucoup à dire sur le sujet, car j'ai franchi le pas à l'âge de 33 ans, j'en ai 41 bientôt, marié et deux enfants, je ne suis sûrement pas le 1er ni le dernier, cela n'est pas facile, je me suis torturé l'esprit bien des fois, et je me le torture encore, même si j'ai mes enfants 1 week sur deux, et pendant les congés scolaires, mon ex-femme à été super intelligente, et je l'en remercie, elle n'a rien fait pour me séparer de mes enfants, j'ai une fille de 12 ans et un ptit gars de 5 ans, si vous saviez comme je les aime. Je suis parti vivre avec M alors que mon fils avait 6 mois, impossible de tout expliquer c'est trop long!!!! mais nous vivons du mieux que l'on peut, et aussi bien mes ptits lou que ceux de M viennent à la maison, nos enfants nous ont dit que l'on ne devait pas JUGER lorsque l'on a annoncé notre homosexualité, quelle grandeur d'âme.

Beaucoup de notre entourage est informé de notre couple, et l'accepte, M a plus de mal que moi, pour ma part il y a des personnes à qui je ne le dirai jamais, (quelques personnes dans mon ets par exemple).

De partir ainsi, a permis aussi à mon ex-femme, de refaire sa vie, avec un autre homme, nous avons de bonnes relation avec mon ex, elle sait que je ne la laisserai jamais, et que si elle a besoin je serai toujours présent. Cela à été très douloureux pour elle,  j'en suis très conscient.

Juste dire aussi que je suis MOI, je suis Claude et c'est à mon avis le plus important.

Bon courage pour toutes celles et tous ceux qui osent, on m'a dit souvent que j'avais été très courageux, et que j'avais dû beaucoup souffrir.

bises   

Claude

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coming out aux enfants J’ai deux enfants très différents l’un de l’autre. Celui de 22 ans sportif, expansif et l’autre, 18 ans, plutôt réservé, dans son monde, avare de paroles….


Depuis toujours je me sais gay mais une vitale envie d’enfants, un parcours dans une famille où l’on parle beaucoup mais pas de sexualité… bref je vis jusqu’à 37 ans en refoulant cette attirance, tout à mon projet de vie hétéro, les enfants, une maison à rénover et un certain nombres d’autres sauvetages non avoués pour faire durer un couple qui bat de l’aile depuis très longtemps. Depuis l’éloignement progressif entre moi et mon ex femme, les situations de plus en plus conflictuelles, une vie qui ressemble à un désert, plus jamais d’intimité, de calins, de relations sexuelles ou alors subies et dénuées de tout amour de toute complicité et de plaisir…. Deux vies qui se détricotent, qui se croisent, qui s’évitent, qui finissent par se regarder en chien de faïence. Dans le même temps le démon que l’on croyait maîtrisé, enfermé, refoulé, profond ressurgit. Alors commence une progressive, descente aux enfers… Premières excursions dans le monde gay via internet. Images, quelque vidéos, puis plus d’images et encore plus de vidéos, la nuit quand l’autre est endormie dans la chambre d’à côté et un désir de corps masculin qui vous mange la vie; qui hante l’esprit, jour et nuit. Passage à l’acte, webcam et pratiques sexuelles à deux par écrans interposés. Et soudain, la porte s’ouvre et votre femme est derrière vous … cercle infernal du déni, du mensonge….


Les mois passent à éviter, persuader, se persuader que le pire c’est de perdre ses enfants… échafauder des solutions intenables, improbables, …. Et puis de toute manière tout est fini. Passage a l’acte première rencontre en réel…..très espacées, puis un peu moins. Les enfants sont grands 15 et 18 ans, comment vont-ils vivre le divorce…. Le pire pour moi après avoir réglé le divorce et organisé une autre vie, différente, mais toujours avec les enfants au centre de mes préoccupations, était de leur avouer mon homosexualité. Prendre le problème et le tourner et le retourner des jours, des mois ne pas en dormir, le vomir …. En ayant en même temps envie de vivre au grand jour ma vie gay … non ; pas envie, mais besoin.


Etat dépressif, des UP et des DOWN…. Un mal être. Je laisse des traces, j’émets des signaux j’ai toujours élevé les enfants dans la tolérance et l’ouverture d’esprit et nous avons un ami gay qui est venu beaucoup à la maison et mon fils, le grand, a une amie lesbienne ; ils discutent souvent d’homosexualité. J’en discute régulièrement avec eux aussi et je les rassure sur leurs penchant en leur affirmant que tout le monde est le bien venu dans cette maison ; leurs petites amies… ou petits amis. J’ouvre large des portes pour qu’il ne souffrent pas autant que moi. Mais trouille au ventre de le dire, de dire cette homosexualité qui pourrait me faire perdre mes enfants…non pas leur garde, ils sont grands, presque de jeunes adultes ; j’ai peur de perdre leur confiance, ne plus voir dans leur regard complicité, amour et de casser le fil de mes fils. Je continue mon jeu de piste…. Comment dire ? Par quoi commencer ? A quel moment ? Avec quels mots ? Je me suis toujours promis que lorsque j’aurai rencontré quelqu’un d’important pour moi, lorsque je serai dans une vraie relation de couple je leur dirai sans aucune appréhension… quel étrange sentiment … parce que sinon c’est quoi ? Plus sale ? Moins vrai ? Juste du sexe entre hommes ? Perversion ? Anormalité ?

 

Pas aidé du tout par mon ex , plutôt enterré et accusé, humilié… je suis un traitre, un menteur ; mais je ne peux simplement pas en parler, pas tout seul, aidez-moi. Pas envie d’aller voir un psy, en même temps si, mais personne ne me tend la main…. Je coule. Je tiens dix ans avant de divorcer, ça fait maintenant presque 3 ans. Et je ne vis pas mieux, je reste un clandestin. Patrice arrive dans ma vie, même parcours, 10 ans de moins, père, homo et mari. Il a une vision plus clairvoyante que moi peut être, il est moins culpabilisé ou en tout cas moins montré du doigt par sa femme ? Bref il est gay, il me l’annonce et je lui réponds en retour, naturellement que moi aussi. Nous nous connaissons depuis 20 ans. C’est libératoire pour moi ; je ne suis pas seul, et lui je le connais on a toujours été très proche et pour cause une même sensibilité nous rapproche depuis si longtemps ; et il est comme moi.

 

Je suis UP très UP même. Nous nous voyons, nous sommes … ensemble, j’ai du mal à dire ça et en même temps j’en rêvais tellement de le dire pour ce que ça représente pour moi, je remonte à la surface.


Mon fils ainé ne dit rien mais il est inquiet à mon sujet. C’est peu après le début de notre histoire avec Patrice. Ce soir là je me dit que je leur parle, je tourne déjà une entrée en matière en préparant le repas du soir … Mon fils debout derrière moi, pose ses mains sur mes épaules et lâche la pression, il est mal, il a un peu bu, mal être pour lui aussi… «Comment vas-tu ? Tu as un copain en ce moment»? Et là naturellement comme si le moment était arrivé je réponds oui , ne t’inquiète pas, tout va bien ; et on se regarde dans les yeux…. La soirée se poursuit on discute Coming Out, sa mère, moi... Les pourquoi, les comment. A part vouloir comprendre pourquoi je ne lui en ai pas parlé ; « à moi tu peux tout dire » ; je ne peux que dire que j’avais tellement peur de leur réaction… Il me dit le savoir où du moins avoir compris depuis longtemps mon homosexualité. Il est heureux, des tonnes de plomb disparaissent de mes épaules sur lesquelles elles s’étaient posées depuis des années Je respire, je vais bien, de mieux en mieux j’ai l’impression de revivre, de passer du noir à la lumière vive. Je crois que je pleure…Merci Robin


Mon CO avec mon deuxième fils de 18 ans ne pose pas plus de problème. « Si tu es heureux comme ça, tu nous as toujours appris la tolérance et l’ouverture d’esprit… c’est ton histoire… »


Je suis gay , Je vis, j’assume et je le dis avec jubilation. Je suis fier de mes enfants et je les remercie de m'accepter comme père tel que je suis. Merci Patrice pour la force que tu m'as donnée depuis le début de notre relation.

 

A tout ceux qui lisent ce post, on peut en parler.

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Je me prénomme Roberto, j'ai 46 ans, j'ai deux fils, de 20 et 24 ans aujourd'hui et je suis séparé de ma compagne, depuis 11 ans maintenant, après 17 ans de vie commune.

Quand nous avons décidé de nous séparer avec ma compagne, j'étais très mal dans ma vie, au bord du suicide depuis plus de deux ans. Ce mal-être être n'était pas causé directement par notre vie familiale, notre vie de couple ou nos sentiments, sinon je suppose que nous ne serions pas restés 17 ans ensemble. J'étais très mal dans ma vie parce qu'il m'a fallu 35 ans pour réaliser, comprendre, accepter que je suis attiré par les hommes. Cette prise de conscience remettait en question ce que nous avions construit tous les jours ensemble pendant 17 ans : vie de couple, enfants, famille, entourage familial, amis, maison etc...Détruire tout ça, l'idée de tout perdre était vraiment insupportable, tellement insupportable que la seule issue que je pouvais envisager était le suicide. Heureusement ma compagne c'est rendu compte de mon mal-être quotidien qui contribuait au sien évidemment, aussi nous réussîmes à poser les choses et nous avons pris le temps de décider ensemble de nous séparer. Cela va peut être vous choquer ce que je vais vous dire, mais si nous avons chacun accepté et décidé de nous séparer, c'est par amour pour l'autre et pour le bien-être, l'épanouissement futur de chacun d'entre nous. Et derrière le mot chacun il y a bien sûr nos enfants.

Les enfants: c'est là un sujet très important:

En ce qui me concerne j'ai toujours été un père très présent attentionné, plein d'amour pour mes fils, ils me l'ont toujours bien rendu évidemment. Comme je l'ai déjà dit, avec le mal-être et la culpabilité qui me rongeait à cette époque je ne pouvais imaginer que tout perdre. Ma famille, mes fils, mon rôle de père sur le plan affectif et éducatif. Ma compagne a été guidée par l'ouverture d'esprit de sa famille remarquable je dois bien l'avouer et avec laquelle j'entretiens encore aujourd'hui des relations très affectives. Elle a eu l'intelligence, le bon sens de comprendre et d'intégrer plusieurs points que je voudrais partager avec vous:

- nos enfants n'avaient pas à choisir et/ou à subir la perte affective et/ou éducative de leur père ou de leur mère.
- nos enfants avaient le besoin et le droit de pouvoir continuer à donner, recevoir, partager, vivre à part entière l'amour de leur mère ET de leur père.
- à l'inverse, la mère ET le père devaient avoir le droit, le devoir, le besoin de donner et partager le plus et le mieux possible leur amour avec leurs enfants
- mes qualités humaines, mes valeurs, mes sentiments n'étaient pas entachées, dévalorisées par le fait que je sois gay.

Autres points et non des moindres. Mes propos risquent d'être un peu passionnés, directs et bruts. Je vous prie par avance de m'en excuser si c'est le cas et je vous prie d essayer de n'en retenir que le fond et non la forme.

- Pour une femme (ou pour un homme) il très difficile d'élever, d'éduquer, de vivre seul avec des enfants à plein temps, surtout en très bas âge et à l'adolescence.

           * Quels moments de répits, de repos le parent célibataire peut t'il avoir entre sa vie professionnelle et ses enfants. Quels temps a-t-il à s'accorder à lui-même. Je pense que personne n'a le droit de «sacrifier» (j'ai horreur de ce mot) sa vie personnelle pour ses enfants.
  * Nous avons chacun le droit, le besoin, le devoir de penser à soi-même, de vivre, de refaire notre vie, d'être épanouis et heureux, comme tout le monde, personne n'est une exception.
  * Certains enfants ont la chance d'avoir des mères ET des pères qui les aiment et qui veulent chacun être le plus présent possible dans leurs vies affectives et éducatives. Personne n'a le droit de les en priver. Seule la mort à ce pouvoir incontournable.

  
- La mort: Personne n'est à l'abri des accidents de la vie: maladie, accident... Tous les enfants n'ont pas la chance d'avoir leurs parents en vie.
- La mère ET le père ont les droits, les même engagements, les mêmes devoirs envers LEURS enfants
- j'entends quelque fois que certaines femmes ne souhaitent pas que leurs enfants soient témoins de la vie affective de leur père si c'est avec un autre homme:

                       * c'est de l'homophobie ( pour info c'est un délit), un préjugé. Je vais utiliser une image très dure: c'est comme un acte d'excision auprès d'une petite fille. Vous décidez pour elle sans son accord parce que culturellement vous pensez que c'est normal et bien pour elle.
  * Vous allez vous même peut être un jour refaire votre vie avec quelqu'un d'autre: un rouge? Un noir? Un alcoolique? Un toxicomane? Un gros? Un maigre, un musulman? Un juif? Un ex repris de justice? Un fachiste? Un gauchiste? Etc...Nous n'en savons rien et quelles que soient les croyances, la culture, la couleur de cette personne vous aurez décidé de partager votre vie (et celle de vos enfants) avec elle et vous souhaiterez que cette décision soit respectée par tous.
  * Si l'homme refaisait sa vie avec une autre femme auriez vous la même position?
  * Le fait d'être gay ne dévalorise pas ses valeurs humaines et l'amour qu'ils donne ou celui qu'il peut recevoir de ses enfants


Ma compagne et moi même n'étions pas mariés. Nous n'avons jamais fait appel à un avocat ou un juge. Nous avons librement choisi de préserver au maximum nos enfants et, dans la mesure du possible, d'adapter nos vies pour eux. Sans sacrifice et par amour. Nous avons pris chacun un appartement dans le village où nos enfants étaient scolarisés et nous avons opté pour un système de garde alternée que nous avons adapté dans le temps aux âges et aux « demandes » de nos fils. En cas de besoin, de contrainte, de demande nous avons toujours cherché et réussi à nous entendre, à nous adapter et à trouver la solution qui nous semblait la plus appropriée. Par exemple, pourquois payer une nounou pour aller au cinéma, à un diner, à un week end si l'autre parent est disponible, qu'il peut et qu'il veut s'en occuper?? Quand mon ex-compagne a trouvé un nouveau compagnon je dois avouer que cela a été plus difficile. Nos relations ont du s'adapter une nouvelle fois et prendre de nouvelles marques, mais toujours dans le respect de l'autre et de nos enfants.

Je pourrais débattre et multiplier les exemples pendant des heures. Aujourd'hui nos fils ont 20 et 24 ans. Ils ont quitté les nids parentaux et vivent avec leurs compagnes respectives. Ce sont des enfants qui ont vraiment su tirer profit des règles de la garde alternée en utilisant les atouts et les faiblesses de chacun de leurs parents en fonction des situations.

J'ai discuté avec l'un de mes fils pour qu'il m'expose son point de vue de fils. Il m'a dit, à juste titre, qu'avec la garde alternée les petits ou gros conflits qui avaient pu s'installer pendant qu'il étaient chez l'un se désamorçaient tout seul pendant qu'il étaient chez l'autre, et que de cette façon ils ont évité de grosses crises relationnelles, surtout pendant l'adolescence. J'avais la même analyse à mon niveau, j'étais très heureux de les recevoir mais j'étais aussi quelquefois content de les voir partir pour pouvoir souffler, me détendre, lire, peindre et avoir du temps pour moi tout simplement.


J'ai établi avec mes enfants une relation de dialogue et de vérité sur ma vie sentimentale et non une relation de mensonge, de non-dit et de paraître. Comment un enfant peut respecter et faire confiance à son père, à ses parents, le jour ou il va malencontreusement apprendre qu'on leur a menti? Mes fils n'ont pas du tout été perturbés par le fait que leur père soit gay. Ils ont vécu et partagé ma vie, mes rencontres, mes partenaires et ils s'en sont enrichi.

Je vous invite à réfléchir à mes propos. Je vous invite à en débattre .

 

Préservez le plus possible l'amour de chacun de VOS enfants pour leur père ET leur mère.
Préserver le plus possible l'amour de la mère ET celui du père pour chacun de VOS enfants.

Ne nous jugez pas parce que nous sommes gays et que nous avons essayé de ne pas l'être. Ce n'est pas un choix, c'est un combat, c'est une souffrance. Je sais aussi que nous ne sommes pas les seuls à en souffrir.

Les enfants seront obligés de composer toute leur vie avec les choix que leur imposent leurs parents. Cependant les choix, les décisions et les actions que les parents vont prendre et entreprendre peuvent permettre de rendre les choses moins difficiles à vivre, moins longues, moins pénibles, plus harmonieuses...pour tous: enfants, pères et mères.

 

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honte nueJe fais partie de ceux qui sous la pression du regard de la société sur les homos, sous les remarques régulières homophobes du paternel (sacré inconscient) n'ont pas osé s'affirmer, n'ont pas osé s'assumer. J'ai préféré tenté de me construire un "personnage normal"... de peur de ne pas rentrer dans le rang... par souci d'une pseudo sécurité, effrayé que j'étais de devenir un "adulte"; je me suis laissé griser aux doux chants qui disaient que le bonheur c'est une belle famille, une belle maison, une belle auto... Cela a tenu ce que ça a tenu... avec des périodes régulières de profondes "mélancolies", des clashs...


Rentrer dans la "normalité" m'a permis d'avoir deux beaux enfants ... mais voilà ... on ne peut cacher qui l'on est véritablement et comme une lame de fond cela remonte chaque fois de plus en plus fort ....

Juin 2010 : soit je fonçais droit dans le mur soit il me fallait prendre mon courage à deux mains et commencer un long parcours de réhabilitation de ma personne.

Septembre : après moult cogitations, répétitions à usure des mots à choisir, des phrases à dire, je fais mon coming-out auprès de mon épouse... et demande de ce fait la séparation; je ne la quitte pas POUR quelqu'un mais juste par honnêteté : vis à vis de moi, d'elle, de nos enfants... Elle propose un compromis; une cohabitation... j'accepte de mauvaise grâce. Cela aura tenu deux mois.

Novembre : les enfants sont au courant de tout; larmes, quelques paroles échangées ...

Février : il a fallu du temps pour trouver un meublé mais voilà la séparation est effective.

Le contact est maintenu avec mon ex et les enfants ... j'ai la chance de les avoir et qu'ils soient aussi compréhensifs même si ma fille contient une colère non exprimée... Mon coming out se poursuit: amis proches, maman, frère... étape par étape j'avance; je me reconstruis. Je fais des rencontres aussi, découvre l'amour au masculin... mais rien de sérieux ..il me faut redéfinir mes désirs, mes envies et que faire de cette nouvelle vie qui se profile??? J'ose rêver à THE rencontre, l'Amour, le Compagnon ...

C'est mon parcours...c'est un parcours ....

je souhaite bon courage à celles ou ceux qui en sont à la cogitation ou qui viennent de libérer la parole de leur être intime, tout en leur confirmant malgré tout la sensation particulière et réconfortante de la parole libératrice !

 

Alain

 

la parole libératrice

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mariée, maman tranquille, épouse sage, femme... HOMOSEXUELLE LESBIENNE GOUINE ...A 36 ans, j’étais mariée, maman tranquille, épouse sage, femme… quelle femme étais-je?

L’étais-je seulement ?

J’étais malade aussi…

C’est alors  qu’un baiser de jeune femme commença à semer le doute, ou plutôt le confirmer... C’est Elle qui bouleversa ma Vie. Pourquoi? Parce qu’elle me révéla… Je ne l’ai pas compris sur le coup et nous avons essuyé de nombreuses disputes mais… mois après mois, année après année… elle avait raison la petite… Je dis la petite, car elle avait 20 ans! Comment  ce baiser  est-il arrivé dans ma vie? Comment ce baiser de femme à femme a-t-il fait frémir mon être intérieur, à en tomber par la suite, malade, à crever sur mon canapé dans mes silences si sourds? Dans ma culpabilité d’être «ça»!

HO-MO-SEXU-ELLE, LESBIENNE, GOUINE. Le «ça», c’est une honte qui vous transperce au début: la honte dès le commencement de mon parcours. Il  fut si long et je fus si seule…  Enormément de douleurs! Qui pouvait s’en douter? Emilie la dynamique, la battante, le sourire aux lèvres chaque jour… Mais qui a idée de cela? Mais qui imagine cette souffrance d’être «différente», cette souffrance de ne pas avoir le sentiment d’avoir une identité sexuelle? Mais qui imagine ce grand bouleversement quand on fut mariée de si longues années et mère de deux enfants?

Avez-vous idée du désordre que représente la découverte de son homosexualité lorsqu’on est mariée et maman?

Avez-vous idée de la honte que l’on peut ressentir en prenant conscience de son homosexualité  à 36 ans, de la culpabilité poignante qui nous saisi puisque la seule issue possible est le déni de soi ou la souffrance assénée à  ceux que nous aimons ?

Avez-vous idée de ce que c’est d’être obligée de mentir pour comprendre, se trouver dans un corps qui ne s’appartient pas ?

Avez-vous idée de ces années de maladie à crever en silence sur un canapé ? A continuer de sourire… Avez-vous idée de ce qu’est la maladie et  d’en engendrer d’autres parce que votre corps exprime la vérité de toutes les manières à sa disposition jusqu’à ce que votre esprit l’accepte enfin ou en meure.

Mais avez-vous idée de la somme de courage nécessaire pour avancer encore et encore, chaque jour?

Mais avez-vous idée ?????

Au nom de l’Amour, ouvrez vos cœurs,

Au nom de l’Amour, enlevez vos œillères,

Au nom de l’Amour, aimez nous, aimez vos enfants homosexuels, vos enfants, tout simplement,
nos enfants aussi…

Au nom de l’Amour, changez votre regard et ne cherchez pas à nous changer. C’est en nous, tout au fond de nos tripes, apprenez à nous connaître avant de juger.

Comment puis- je vous hurler cette violence d’être MOI aujourd’hui? Ce bonheur…enfin

Comment dois je écrire, décrire, ce fantastique voyage vers la Femme que j’ai entamé depuis 6 ans?

Ai-je le droit de vous conter enfin le vrai bonheur parce que je vis avec ma femme? Comparaison pouvant être faite, il était d’une évidence que ma vie était avec une femme, en l’occurrence la mienne et non un homme même s’il m’a rendue heureuse pour différentes raisons et offert deux merveilleux enfants qui sont le fruit d’un Amour vrai?

Ai-je le droit de crier que je vais bien aujourd’hui?

 

Emilie

 

Ce témoignage, Emilie le développe dans un livre. Elle l'a écrit pour lutter contre l'homophobie, pour les adolescents qui pensent au suicide quand ils découvrent leur attirance envers le même sexe, pour leurs parents, aussi. Pour vous le procurer, prenez contact avec elle: emilie.opsire@orange.fr

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Je me rappelle de mes premiers coming-out...

 

Je lui dis: "Je suis homosexuel."

 

Ces mots résonnent. J'ai l'impression qu'ils sortent de la bouche d'un autre, qu'ils me sont dits en quelque sorte. Une partie de moi, confortée par le mensonge entretenu auprès de mes proches, continuait, en fait, à se considérer comme hétéro. Cette affirmation me surprend, m'agresse presque...

Comme si, de l'avoir dit, je le devenais...

 

 

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